Existe-il une modalité post-communiste du rapport au passé?
Existe-il une modalité post-communiste du rapport au passé?
Pomian essaie de définir la spécificité de la mémoire postcommuniste par rapport à la mémoire fasciste italienne et allemande nazie. D’après Pomian, on ne peut parler d’une mémoire postcommuniste, mais qu’on a affaire à un ensemble de mémoires différentes très souvent en conflit, parfois même violents. Il essaie donc de faire l’inventaire de ces mémoires. Le premier cas ce sont les mémoires des militant communistes qui veulent rester fidèles jusqu’à la fin. Ces mémoires ne sont pas disparues et restent vivantes en dépendant du pays. Le second ce sont les mémoires des ex-communistes, aussi plurielles car les ex-communistes se trouvent dans différents pays et ont quitté le communisme à de différents moments. Le troisième cas ce sont les mémoires des victimes du régime, aussi plurielles. Le quatrième cas ce sont les mémoires des dissidents, des contestateurs, etc. Différemment des régimes nazis et fascistes, le communisme est en place pendant des décennies. Ces différences temporelles sont pour Pomian non négligeables. Il cite aussi le nombre des victimes des régimes, comme c’était le cas de Franco en Espagne. Il fait donc la différence entre un régime totalitaire et autoritaire. Les degrés de contrôle de l’individu ne sont pas les mêmes. Les rythmes des changements dans le régime variaient également de pays à pays, notamment après la mort de Staline. Face aux mémoires plurielles et en conflit, Pomian est d’avis qu’il reviendrait à l’histoire de jouer l’arbitre impartial, mais cela n’est pas le cas dans bien de pays postcommunistes. Il rappelle que du point de vue artistique il y a eu une grande production dans les pays communistes mais selon lui en Allemagne il n’a eu rien de produit (vraisemblablement dans son essaie de généralisation il a oublié l’exemple du travail de Leni Riefenstahl en Allemagne et la « pauvreté» artistique de l’époque stalinienne.). Il considère que la fin des régimes communistes et la fin des régimes fascistes et nazis étaient différentes. Dans le cas communiste il s’agit, selon lui, d’une transition relativement tranquille (excepté la Roumanie et la Russie), tandis que dans l’autre c’est la catastrophe.
Pour citer: Krzysztof Pomiam. « Existe-il une modalité post-communiste du rapport au passé? ». Médiathèque des études supérieures Anamnesis [en ligne]. Paris, 16 mars 2005. anamnesis.tv.
mercredi 16 mars 2005
Krzysztof Pomian
Mémoires historiques d’ici et d’ailleurs: regards croisés
Colloque: Les lieux de mémoire: histoire et mémoire
Lieux de mémoire postcommunistes